Parcours du spectateur 2017/2018

Voici une proposition de parcours du spectateur à l’attention des élèves de l’EDE théâtre et de l’option théâtre.
Nous en parlerons lors d’une réunion que je programmerai pour les parents.

Parcours du spectateur 2017/2018

Le malade imaginaire
Samedi 14 octobre à 19h (1h40) Sérignan du comtat (10 ou 6€)

Blanche Neige ou la chute du mur de Berlin
Mercredi 29 novembre à 19h (1h15) Cavaillon 8€

BRAISES  :
Mardi 23 janvier à 20h30 (1h) Cavaillon 10€

Timon d’Athènes Vendredi 9 février 20h30 Auditorium du Thor (6.50€)

2043
Mercredi 21 février à 18h30 (1h10) à l’auditorium du Thor.(6.50€ ou 12€)

Ca ira (1) fin de Louis
Vendredi 23 mars à 20h (4h30 avec entractes) à l’Opéra confluence Avignon Courtine 16€

N’hésitez pas à consulter les programmes pour aller voir encore plus de spectacles de théâtre, danse, cirque, musique ou autres formes ou modifier la date en cas d’indisponibilité.

http://www.lagarance.com/Le-programme

http://www.auditoriumjeanmoulin.com/?cat=1

https://eclatsdescenes.com/conviviales/

Les comédiens s’invitent en classe

Le Festival des Nuits de l’Enclave a permis à la compagnie « A présent » de venir au lycée présenter trois étapes de création du texte « Entre eux deux » de Catherine Verlaguet, lauréate du prix Godot 2015.
Les élèves ont participé au processus de création. Ce fut une expérience riche et fort sympathique.
Maella Druelle a réalisé l’affiche du spectacle ! Un grand bravo à elle qui se destine à des études artistiques.

Il s’agissait tout d’abord pour vous de mettre en place l’intrigue et les personnages par une lecture du texte de Catherine Verlaguet, vainqueur du dernier prix Godot. Vous nous avez lu un long passage du texte. Ce fut un moment très émouvant : vous aviez choisi le passage de l’abandon de la fillette par sa mère. Même si la première séance les a un peu déstabilisés, nos lycéens sont très vite entrés dans le jeu. Comment voyaient-ils les personnages( « Elle et Lui ») ? Leur façon de parler, de s’habiller, de s’asseoir et de se déplacer ? Ils ont tout de suite vu en « elle » une meneuse, une rebelle, une marginale ou une révoltée, une écorchée vive, et lui ont associé un comportement, des vêtements, une musique, une place dans le groupe comme si elle était l’une des leurs au lycée. Peut-être leurs remarques vous ont-elles servi à appréhender le personnage, à le construire, à lui donner un corps et une voix ? En tout cas, les élèves, eux, se sont projetés dans ce personnage. Et puis ils l’ont laissé sommeiller en eux.
Pour « lui », ils se sont posé beaucoup de questions, notamment sur sa « première catastrophe ». Que signifie pour un jeune « être perché » ? Que signifie la découverte interdite et indicible d’un père « perché » ? A leurs questions, vous avez su répondre par les paroles de l’auteur, son interrogation de la folie, vos hypothèses de metteur en scène et de comédiens, mais vous les avez aussi laissés libres de leur propre interprétation. Là aussi le personnage s’est glissé en eux et y a laissé son empreinte en silence...

Au programme de la classe de première, il existe un objet d’étude intitulé : le texte théâtral et sa représentation. Les deux séances que vous nous avez proposées ensuite entrent donc pleinement dans nos problématiques. En effet, à la deuxième séance, le texte de Catherine Verlaguet était en train de s’incarner. Cela fut passionnant de le voir prendre place dans l’espace, dans les corps, chercher sa ou ses voix ( ou encore voies). Lors de cette seconde séance, les lycéens ont mieux compris ce qui se passait en « lui », personnage muré, fermé, bloqué, bien plus secret qu’ « elle » mais aussi blessé. « Il » ne parle pas tant qu’ « elle » ne l’a pas fait sortir de sa coquille. Il ne parle pas mais son corps parle pour lui. Voilà de quoi nourrir la réflexion de nos lycéens à qui l’on demande parfois de réfléchir aux personnages qui parlent peu ou pas en suggérant qu’ils puissent être ou non des personnages secondaires (Eh oui, c’est un sujet déjà donné au Bac !) Nous avons là une réponse que nous saurons exploiter le moment venu (Voyez combien votre séance de travail nous sera précieuse !) Vous nous avez montré ce qu’était le travail du metteur en scène et celui d’acteur en amont de la représentation : répétition à plusieurs reprises de mêmes passages, en modifiant ce qui peut apparaître comme des détails, mais qui donnent une tonalité parfois différente à un sentiment, un comportement ou à la relation qui s’établit entre les personnages. Seuls les élèves qui font eux-mêmes du théâtre connaissent cette composante du métier : le travail, du « dégrossissage » au « polissage » de la pièce.Cette mise en scène a aussi permis aux élèves de comprendre le lien possible entre l’extérieur, le « hors-scène » et le plateau (pour la fête foraine par exemple).

La troisième rencontre a été un vrai choc ! Très émouvant. Incroyable de constater tout ce qu’une mise en scène peut apporter au texte théâtral. Nos lycéens ont pris conscience de la marge de création d’une représentation, œuvre à part entière indépendamment du texte fondateur . Nous les faisons réfléchir sur le théâtre, cet art à deux temps : voilà un exemple concret, vécu, sur lequel ils pourront s’appuyer pour justifier leur point de vue. (Là encore merci à vous, vous nous facilitez la tâche !) Ce filage leur a paru comme un véritable spectacle, même s’il vous reste encore à régler les lumières et la bande-son (Nous avons aimé la petite boîte à musique). Les acteurs et les personnages ont trouvé leurs voix : les secrets partagés entre « elle » et « lui », en ombres chinoises, sous le drap transformé en cabane d’enfants, comme dans un conte, est une super idée !!! Les différentes voix qu’ « elle » adopte, voix de sorcière ou chuchotement, donnent d’ailleurs une clé du personnage qui cherche et trouve là les mots pour dire l’indicible et guérir enfin.
Les élèves vous ont servi de premier public et vous avez perçu leurs émotions, constaté leurs réactions et entendu leurs questions, ce qui vous aide certainement à affiner encore votre jeu mais eux ont compris (au sens propre du terme, pris en eux, avec eux) « elle » et « lui » bien mieux que lorsqu’ils étaient encore des êtres de papier. Notre échange a été magnifique.

Nous n’avons pas tout dit mais nous espérons vous avoir transmis l’essentiel. Nous pensons qu’une telle initiative, celle de faire partager votre expérience professionnelle avec des lycéens qui souvent connaissent assez peu le monde du théâtre, est une initiative enrichissante à renouveler. Cela ne peut qu’aider nos jeunes à devenir des spectateurs actifs du spectacle qui leur est offert. C’est un moyen de créer des échanges autour de la pièce, un moyen de libérer la parole et les idées. C’est un moyen de maintenir le théâtre comme un art vivant. Nous espérons que vous aussi avez pu construire à partir de ce partage. Adeline, Mathieu, et Elise, merci ; et merci au Festival des Nuits de l’Enclave d’être à l’initiative de ce beau projet !

Yveline Bianzina

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